Accueil Date de création : 14/10/07 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:51 / 193 articles publiés

ActualitéTecktonik Lille Voix du nord  posté le vendredi 16 novembre 2007 00:48

Blog de generationtecktonik :Generation Tecktonik, ActualitéTecktonik Lille Voix du nord

Place du théâtre, Rihour ou République... Chaque week-end, des fans de tecktonik se retrouvent  dans le centre de Lille pour se déhancher au son de musiques électroniques.

La tecktonik, véritable phénomène de mode, est une danse, mais aussi une culture qui a ses propres

 codes vestimentaires.
PHÉNOMÈNE
Tecktonik, une danse épileptique

Des centaines de jeunes se rassemblent les samedis à Lille pour danser la Tecktonik.
 Cette danse, et toute la mode vestimentaire autour, a conquis la rue et les cours de récré
.


Il est 15 heures. Comme tous les samedis depuis début juillet, des centaines de jeunes sont rassemblés sur les marches de l’opéra de Lille. Pas pour prendre cette forteresse culturelle mais juste avec l’intention de danser sur le parvis. Les garçons portent des Van’s à damiers (chaussures de campeurs relookées), des jean’s slim (moulants), la crête prolongée par une petite queue piquant sur la nuque, genre le footballeur Tony Vairelles à sa grande époque. Quant aux filles, elles sont aussi fluo, bariolées, piercées.
Leur objectif : danser la Tecktonik. Soit opérer de grands moulinets avec les bras et marquer des pas plus ou moins « sauteurs ». Cette chorégraphie s’épanouit sur de la musique techno pas très fine, appelée hard-tech, voire de l’électro. Du « boum boum » très rapide et d’autres sons un peu plus raffinés (Justice, David Guetta ou Daft Punk).

Via Internet
 

Les jeunes secouent bras et jambes sur de la musique électronique depuis son apparition, au début des années 80. Mais la Tecktonik, née il y a sept ans en France et en Belgique, formalise ces gesticulations épileptiques. Elle a émergé dans une boîte de banlieue parisienne et s’est propagé comme une hola via Internet. C’est une danse. Avec ses pas, ses codes, ses stars. Et c’est aussi une marque déposée, que l’on retrouve notamment sur les habits des adeptes.
Yohan, organisateur des après-midis « dance generation » lillois, donne des cours dans son ancien lycée. La plupart des jeunes que nous avons rencontrés – de 10 à 23 ans – font des démonstrations dans leur cour de récréation.

 

Mais surtout, à défaut d’être née dans la rue comme le hip-hop, la Tecktonik l’a prise d’assaut. Il y a des rassemblements dans toute la France. Samedi, on n’a pas atteint les 1 500 personnes, comme le 22 septembre, mais ça grouillait de « djeun’s ». Comme Stacy et Kelly, la quinzaine. Même tenue pour ces jumelles : pull à capuche fluo, chaussettes rose fluo jusqu’aux genoux, de grandes étoiles aux oreilles.
Elles avaient une team – une équipe –, qui n’a vécu que deux semaines.
Car le truc, c’est d’avoir une team, de trois, quatre, ou plus, et de danser ensemble. Dans la place samedi à Lille : la Tknl, la Vodka Teck, la Hot teck… Souvent, les danseurs se filment et postent leur vidéo sur leurs blogs ou sur Youtube et Dailymotion.
Il est important pour eux d’être vus et reconnus. Ils ne revendiquent rien, ne sont ni de droite ni de gauche. Ce sont en majorité des « p’tits blancs  » des classes populaires, moyennes, ou bourgeoises. D’ailleurs mal vus de leurs congénères des quartiers.

Des Ennemis
 

Samedi, les « Teckeurs » ont migré par deux fois pour semer la « Wazemmes star », entendez les danseurs de hip-hop. Ils se sont finalement posés dans l’amphithéâtre place de la République avec leur sono bricolée – un autoradio relié à un boomer. Les deux clans se sont gentiment échauffés, avant de s’affronter dans la danse, en face-à-face.
« Les breakers (hip-hop) nous reprochent de leur avoir volé leurs mouvements. Et c’est vrai que la Tecktonik emprunte à plusieurs danses, plusieurs styles. Mais en ce moment, les médias ne parlent que de nous, alors ça crée des jalousies, explique Yohan.

À Paris, suite à des bagarres, les rassemblements de rue ont été interdits. Nous, on cherche une salle. On veut danser entre nous.
 » La Tecktonik va-t-elle mourir en quittant la rue ? Rien n’est moins sûr car cette danse est aussi un mouvement, avec ses valeurs : amusement, célébrité éphémère, paraître… Tout à fait celles de la société de consommation. Le hic, c’est que celle-ci crée des modes. Par définition passagères. •

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